Henri Girard
Auteur de romans et de nouvelles

Sais-tu que le chien aboie quand le cheval hennit ?
Que beugle le bœuf et meugle la vache,

Que l’hirondelle gazouille, la colombe roucoule et le pinson ramage.

Que les moineaux piaillent, le faisan et l’oie criaillent quand le dindon glousse.
Que la grenouille coasse mais que le corbeau croasse et la pie jacasse.
Et que le chat comme le tigre miaule, l’éléphant barrit,

Que l’âne braie, mais que le cerf rait.
Que le mouton bêle évidemment et bourdonne l’abeille, brame la biche quand le loup hurle.

Tu sais, bien sûr, tous ces cris-là mais sais-tu ?

Que si le canard nasille, les canards nasillardent,
Que le bouc ou la chèvre chevrote,
Que le hibou hulule mais que la chouette, elle, chuinte,
Que le paon braille et que l’aigle trompette.

Sais-tu encore ?
Que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule et que la bécasse croule, que la perdrix cacabe, que la cigogne craquette et que si le corbeau croasse, la corneille corbine, et que le lapin glapit quand le lièvre vagit.

Tu sais tout cela ? Bien.
Mais sais-tu ?
Que l’alouette grisolle,
Tu ne le savais pas ? Et, peut-être, ne sais-tu pas davantage
que le pivert picasse.

C’est excusable !
Ou que le sanglier grommelle, que le chameau blatère
Tu ne sais pas non plus (peut-être…) que la huppe pupule.
(Et je ne sais pas non plus si on l’appelle en Limousin la pépue parce qu’elle pupule ou parce qu’elle fait son nid avec de la chose qui pue.)
Qu’importe ! Mais c’est joli : la huppe pupule !
Et encore sais-tu ?
Que la souris, la petite souris grise : devine ? La petite souris grise chicote ! Hé oui !

Avoue qu’il serait vraiment dommage d’ignorer que la souris chicote et plus dommage encore de ne pas savoir, que le geai cajole !