Henri Girard
Auteur de romans et de nouvelles
C’est avec une grande tristesse que je vous fais part du décès de l’une des nôtres, Odile Gapillout, survenu fin 2016.
Elle faisait partie de l’équipe des auteurs des éditions de la Rémanence.
Pour ceux d’entre nous qui l’ont connue et côtoyée, Odile laissera le souvenir d’une belle personne, agréable, souriante, simple et discrète. Lorsqu’elle prenait place à l’occasion d’une dédicace, elle posait sur sa table, outre ses livres, quelques fleurs, quelques bonbons sur de petits napperons brodés. C’était sa façon de saluer ceux qu’elle rencontrait, de les inviter à partager quelques instants chez elle, avec elle, en toute simplicité.
Le style d’Odile, c’était elle. Elle écrivait en retenue, en creux, sans jamais aucun mot superflu. Elle écrivait aussi des silences, dans lesquels chacun pouvait se réfugier à sa guise.
Lui rendre hommage, c’est également rendre hommage à son œuvre.
Odile est l’auteure de trois récits autobiographiques. Après Le taureau par les cornes (Kirographaires, 2012), Temps couvert… pas de vent est paru à la Rémanence en 2014. Odile avait également achevé un troisième ouvrage : Pourquoi tu vends pas ?
Dans les commentaires qui suivent et qui concernent Temps couvert… Pas de vent, on lira un peu d’Odile en filigrane, on la devinera, polissant et repolissant son ouvrage.

« De clichés en brefs instantanés, rebondissant par petits textes concis dont la mosaïque finit par dessiner une cartographie familiale complète, l’auteur rappelle le souvenir des siens à la manière de photos passées. Pétri d’indulgence et de sagesse, son roman se lit comme une succession de petits bonheurs. »

« Comment rendre-compte d’une vie ? Que dire d’une enfance, d’un passé enfoui ? Odile Gapillout, dans Temps couvert… Pas de vent, fait le choix de ne rapporter que des bribes, des souvenirs épars, des fragments. Pas de continuum, de récit totalisant qui nous restituerait – ou prétendrait le faire – dans l’entièreté de notre être. Son livre, c’est un album photo sans images, ce sont des images devenues mots, revenues à la surface. Ce sont des moments de vie, des épiphanies, mais aussi des moments plus graves et douloureux. La narratrice les saisit, les conserve, les embaume en autant de petits mausolées qu’il y a de chapitres. […] Retenue, mesure, équilibre c’est aussi ce qui caractérise l’écriture d’Odile Gapillout. Cette vie, qui est la sienne, elle la restitue avec autant de tendresse que de recul, dans un geste émouvant et lucide. »

« En dire beaucoup avec peu, c’est l’art d’Odile Gapillout, et la forme privilégiée de son écriture. Une écriture à l’os, sans gras. »

Ses mots lui survivront. Ce sont comme des petites bougies dont les flammes vacillent mais résistent, et qui éclairent vaille que vaille.