Henri Girard
Auteur de romans et de nouvelles

J’aime la langue française de toute mon âme. Et je déteste qu’on la néglige, qu’on la malmène, qu’on la snobe. La maltraitance de la grammaire et de l’orthographe me hérisse le poil. Mais, ce que j’exècre par-dessus tout, c’est cette propension à lui substituer le globish, ce sabir anglo-saxon que nous inflige certains milieux, notamment ceux des affaires, de la finance, de la publicité ou de l’Entertainment, comme ils disent ! Bien sûr qu’une langue doit vivre, bien sûr qu’elle doit s’enrichir de mots et d’expressions venus d’ailleurs ! Mais la langue appartient au peuple ! Et, comme l’écrivit Michel Serres, par conviction et, je le suppose, avec l’intention de provoquer : “La classe dominante n’a jamais parlé la même langue que le peuple. Autrefois ils parlaient latin et nous, on parlait français. Maintenant la classe dominante parle anglais et le français est devenu la langue des pauvres ; et moi je défends la langue des pauvres. Il y a plus de mots anglais sur les murs de Toulouse qu’il y avait de mots allemands pendant l’occupation. Par conséquent, qui sont les collabos ?