Henri Girard
Auteur de romans et de nouvelles

la-dame-de-fecampC’est tendre, doux, précis, les mots sont triés sur le volet, avec une précision qui perce le cœur. Ce n’est plus tout à fait de la prose, cela tutoie la poésie : c’est de la « proésie», un néologisme que Julie Anne, le personnage central de l’ouvrage, eût pu faire sien tant elle est en quête de ce qui peut la renouveler, la ressourcer avant « l’échéance ». Il y a de la magie dans ce roman. Nul besoin de longues phrases ou d’explications superflues : les mots sont des atomes qui, par la grâce d’une écriture concentrée, libèrent une énergie sans cesse renouvelée.

C’est une quête, un engagement à dévorer la vie de tous ses sens malgré la perspective d’un inéluctable renoncement : comment aller humer les effluves d’un bonheur fugace, comment s’envoler à dos de colombe vers une improbable paix, comment pétrir la lumière de la

vie et écouter le chant de la dune ? Comment emmagasiner des secondes d’existence pour se forger une éternité de souvenirs ?

Le temps lui est compté. Julie Anne le sait.