Henri Girard
Auteur de romans et de nouvelles

À l’origine, je vous l’avoue, je projetais d’écrire un petit mot en liaison avec les arts plastiques. Et c’est alors que je m’aperçus que j’ignorais ce que recouvrait cet ensemble de disciplines. Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa… En bon béotien et en toute modestie, tout à la fois conscient de mes insuffisances et assoiffé de savoir, je pris donc mon plus bel élan pour m’en aller surfer sur quelques pages du Net afin d’y quérir informations et commentaires qui, à n’en pas douter, m’éclaireraient… sans l’ombre d’un doute.
Et c’est alors que les choses se compliquèrent.

Le premier lien sur lequel je cliquai donnait la définition suivante, d’un certain professeur agrégé d’arts plastiques :« Pratique critique, pratique réflexive, articulation pratique/théorie, théorisation de la pratique… voilà bien des vocables, parfois employés, peut-être à tort, l’un pour l’autre, et qui qualifient tout le principe premier des arts plastiques comme champ institué : celui de développer une pratique plastique à visée artistique en interaction avec la réflexion portée sur cette pratique et par cette pratique même. »
Dans un premier temps, je fus abasourdi. Je n’y comprenais goutte, un peu comme un pauvre élève séchant devant un inextricable problème de robinet qui fuit, ou désarçonné face à des trains qui se croisent. J’étais un coureur cycliste asphyxié dans la montée d’un col, un plongeur privé d’oxygène, un Icare, dont les ailes fondant sous les flammes d’une lumière inaccessible, qui n’allait pas tarder à s’écraser (dans tous les sens du terme).
Et puis – et c’est ce qui nous sauva mon honneur et moi-même -, je sentis en moi affleurer les picotements de la rogne, les démangeaisons de la colère, les prurits du courroux. Allais-je faire un complexe d’infériorité face à l’emphase absconse d’un Diafoirus de pacotille ? Allais-je, suivant cette logique absurde qui veut qu’on porte à tort un grand crédit aux choses qu’on ne comprend pas, et une grand intelligence à ceux qui les énoncent, me prosterner devant plus « fort que moi » ?

Eh bien non ! J’entrais en résistance et c’est alors que me revint en tête la célèbre sentence de Boileau : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. »