Henri Girard
Auteur de romans et de nouvelles

Droit devant toi

Une vision noire des jeux de l’amour

Deux adolescents que tout oppose : l’un suit ses parents au fil des mutations de son père et ses relations familiales sont difficiles, l’autre est ancré dans la ferme paternelle et très proche des siens. Le premier cherche le bonheur dans l’adversité, le second grandit dans la sérénité. Une amitié puissante et exclusive unit pourtant les deux garçons.

Mais quand de l’affection naît l’emprise, le drame n’est jamais bien loin. Sans savoir exactement où il plante ses racines ni s’il adviendra, la tension monte. Car la manipulation est une arme dangereuse et l’amour, le désir, la jalousie en sont des détonateurs instables.

Sous l’écheveau complexe où les envies se tissent de frustrations, où la volonté de pouvoir le dispute aux fantasmes de dépendance, c’est la démesure qui se dessine. Sans cesse, il faut jouer avec les limites, chercher une victoire qui se dérobe, aller plus loin…

La montée en puissance de cette épopée entraînera le lecteur jusqu’à la fin inattendue et terrible. Lorsque l’explosion emporte tout, elle retourne aussi le roman comme un gant.

L’auteur explore les méandres de l’ivresse amoureuse pour chercher à comprendre pourquoi aimer c’est, peut-être, également détruire.

Une vision noire des jeux de l’amour.

Éditions de la Rémanence – janvier 2017

Presse, blogs, retours lecteurs

Ce roman à l’écriture élégante et riche offre ce qui semble être de prime abord une tendre chronique de la vie de deux adolescents dissemblables, l’un paysan, l’autre bourgeois, dans la France rurale de la fin des années soixante. Toutefois, cette première partie de l’ouvrage n’est que le lieu où vont se tendre les ressorts d’un drame marqué du sceau de la jalousie, du désir et des rivalités masculines.
Les deux enfants devenus hommes vont chercher à cultiver une certaine insouciance alors que la puissance et la violence de leurs pulsions amoureuses vont les conduire à s’opposer de façon sourde, à les isoler de leurs mondes respectifs, tendus vers la réalisation de leurs désirs secrets jusqu’à l’abandon, jusqu’à l’excès, jusqu’aux trahisons finales.

Ce roman sort de l’ordinaire par la qualité de son écriture : nous sommes ici loin des textes hâtivement troussés au présent qui utilisent aussi peu de vocabulaire que possible, loin de ces œuvres qui pour passer pour inspirées se contentent d’un minimum littéraire qui voisine étrangement avec l’indigence. Ici, un style particulier, une richesse et une réelle élégance de la langue, qui cependant ne nuit jamais à la véracité et à la crédibilité du propos, sont mis au service d’une histoire de camaraderie paysanne et de rivalité amoureuse où les femmes mènent la danse aussi bien que le monde.

« Aimer, c’est détruire », précise la quatrième de couverture. C’est aussi construire du neuf avec les débris de l’ancien, dans un recommencement que l’on voudrait perpétuel, à la recherche d’une saveur d’infini, comme celle qui infuse de l’îlot volcanique où se débute et se clôt le roman, et où, comme l’écrit si bien Henri Girard, « les crêtes de l’ile mordent un ciel qui saigne au levant ».

Au final, un beau roman écrit dans une belle langue, qui en filigrane souligne les différentes facettes de la féminité qui façonne le destin des hommes, parfois jusqu’au drame, et qui sait, de plus, surprendre agréablement son lecteur.

Roger Raynal, écrivain

C’est avec une très belle écriture que je découvre Henri Girard. Ce roman est fin, à la fois touchant et glaçant. Nous suivons les deux personnages dans leur famille respective, ainsi que leur évolution tout au long des quelques années de leur adolescence. Et puis on sent une certaine noirceur, une certaine odeur de catastrophe mais on ne se doute pas d’où elle va arriver… L’atmosphère devient plus pesante jusqu’à ce qu’enfin on comprenne !

Audrey, via blog NetGalley

C’est pour des découvertes comme celle-ci que je lis compulsivement, pour retrouver au fil des années de lectrice parfois un peu blasée cette émotion de la rencontre d’un auteur, d’une plume élégante et amusante, et d’une narration touchante, originale et percutante.
Quel livre insolite! Lu en quelques heures, avec le sentiment d’avoir été moi aussi manipulée de belle façon !

Tynn, via blog NetGalley

Noir et tendre. Attachant et perturbant. Ce roman qui nous donne à suivre la trajectoire de deux adolescents sonne juste, et résonne fort.

Sophie, Via blog NetGalley

Lorsque le jeune adolescent narrateur arrive dans un petit village à la faveur d’une mutation de son père, il commence par s’y ennuyer ferme. Puis, il rencontre Gilles qui deviendra son seul ami. Gilles, qui contrairement à lui, vit assez librement dans une ferme des alentours entre un père, colosse au grand cœur et une belle-mère charmante qui fait de l’effet aux deux garçons. Le narrateur ne supporte pas sa famille : un père peu présent et dur, une mère sans affection. C’est chez Gilles qu’il trouvera ce qu’il n’a pas chez lui. Mais les mutations de son père continuent et bientôt, il doit quitter le village et Gilles.

Autant le premier roman de Henri Girard passé entre mes mains était gai et positif (Les secrets du club des six), autant celui-ci est sombre.

C’est à nouveau une histoire d’adolescents qui grandissent et qui se retrouvent vite confrontés aux changements de leurs corps, de leurs activités, au désir sexuel et à l’amour. C’est Marie-Fleur, la belle-mère de Gilles qui sera la première, à son insu, à être l’objet de leur désir. Il faut dire qu’elle est belle Marie-Fleur, qu’elle est proche des garçons, très amoureuse de son mari et que Gilles est assez malin et bricoleur pour pouvoir l’observer -et partager ses observations avec son copain- en toute sécurité. Tout paraît beau et simple, bucolique voire coquin, mais le grain de sable bientôt viendra gripper cette belle mécanique.

Habilement, Henri Girard décrit les relations entre les deux garçons, cette amitié puissante et exclusive. Il parle bien également de la sérénité au sein de la famille de Gilles et des relations conflictuelles dans l’autre maison. Tout au long de son roman, il nous balade, on ne sait jamais lequel des deux garçons s’en sortira le mieux, lequel vivra au mieux sa vie d’adulte. Lequel manipule l’autre ? Et les filles là-dedans, comment s’en sortent-elles ? Sont-elles, elles aussi manipulatrices ? Marie-Fleur, mais aussi Martine la cousine du narrateur, sa première expérience amoureuse et sexuelle, une jeune femme libre. Car l’on sent bien que quelque chose se trame et que la belle entente risque de se fissurer.

Au fil des pages, on ne sait plus trop quoi penser de tel ou tel, et c’est donc un peu contraint mais ravi que l’on cède à la superbe écriture de l’auteur, à sa manière de nous promener et de nous raconter ces vies. Car, Henri Girard fait montre d’un talent littéraire évident : une langue riche, châtiée, d’une élégance rare et plus qu’agréable. J’aime son style classique émaillé de mots parfois peu usités ; j’aime aussi sa manière de raconter en peu de mots, par exemple cet extrait de son prologue où l’un des ados devenu adulte s’exprime :

« Au dispensaire où je fus soigné d’un vilain tétanos dû à l’usage de lames de rasoir pas trop propres, l’infirmier qui me changeait mes pansements aux poignets me prit en sympathie. » (p.11)

Élégance, concision, je vous avais prévenus. Auteur et éditrice à découvrir absolument. L’été est propice aux lectures…

Deux ados de treize ans se rencontrent sur les bancs de l’école. Tout les oppose. Le premier suit ses parents au fil des mutations de son père et les relations familiales sont difficiles.

Le second, Gilles, est ancré dans son village et dans la ferme de son père et de sa belle-mère dans une famille très soudée.

Pourtant une amitié puissante les unit rapidement.

Mais les deux ados doivent se séparer et deviennent des hommes loin l’un de l’autre suivant un destin pas toujours maitrisé.

Dans la seconde partie, ils se retrouvent avec bonheur mais entrent dans le jeu fatal de la séduction. Deux pions sur un échiquier, chacun pensant être la pièce maîtresse.

Lors de liaisons dangereuses, qui manipule qui ? Les jeux de l’amour sont rarement innocents et désir, séduction et jalousie ne peuvent conduire qu’au drame. Plus lent est le jeu, plus explosive sera l’issue…

La montée en puissance de cette épopée vous entraînera dans une lecture au rythme croissant jusqu’à la fin inattendue et terrible. Une belle écriture au service d’une vision noire des jeux de l’amour.

Coup de cœur de Max Buvry - Librairie Vaux Livres

Ce livre est ce qu’on appelle en anglais un page-turner, avec l’art de semer par-ci par-là de petites phrases qui font qu’on sent qu’il va se passer quelque chose et qu’on s’accroche jusqu’à ce que cela arrive.

Même en sentant qu’il va se passer quelque chose, on est loin d’imaginer cette fin « bluffante » qui a été concoctée ! Si on se dit avoir deviné la fin parce qu’on a vu la relation du papa d’Harold avec Marie-Fleur arriver, hé bien, on se fourre « le doigt dans l’œil » jusqu’au coude ! J’ai été scotchée. Une fois le livre terminé, j’ai relu le prologue et l’épilogue, et certaines parties, comme si je n’en avais pas assez.

Un style riche, soutenu, des phrases concises, minimales et percutantes.
Franchement, je tire mon chapeau devant un vrai écrivain, un grand écrivain.

Sema Kiliçkaya, romancière

Je viens de terminer la lecture de Droit devant toi, j’en reste pantelante.

Quelle chute ! Pourtant annoncée, mais si discrètement…Le drame est d’autant plus machiavélique, que jusqu’au bout il ressemble à tout sauf à un drame. Quoique… Le détail qui m’a « tuer », c’est le prénom, Harold, donné à la fin. La grande solitude ou comment on fabrique un psychopathe… je suis achevée !

Bernadette Orgeval, romancière

Droit devant toi est une merveille.

Un rien du Grand Meaulnes par les deux personnages principaux, deux adolescents qui font le difficile apprentissage de l’amour ; le trait tellement juste que j’y ai reconnu des épisodes de ma propre adolescence ; des intrigues amoureuses qui s’imbriquent, souvent joyeusement, parfois douloureusement, et un dénouement qui claque dans les toutes dernières pages comme une voile au vent. Bref, je le redis, une merveille.

José, lecteur

J’ai adoré votre livre. Je sais, le terme adorer est un peu fade et peu recherché mais c’est le seul qui me vienne à l’esprit. Vous m’avez transportée dans votre roman et je n’ai pu m’en séparer qu’une fois fini. Je ne saurais pas expliquer pourquoi ni comment j’ai plongé dans votre roman comme on peut plonger dans un rêve où encore comme on peut tomber amoureux. J’ai grandi avec vos personnages, parfois tendres, parfois cruels mais tellement troublants et attachants. Et j’ai surtout trouvé magique la façon dont vous jouez des mots, leur justesse et l’habilité avec laquelle vous les utilisez.

Christelle, lectrice