Henri Girard
Auteur de romans et de nouvelles

Jubilé

Un hymne à des dieux qui sont facteur, cantonnier ou fils perdu de bonne famille

Jubilé

Automne 1965. Angelbert Luppin (comme Arsène et la fleur des champs, mais avec deux « p ») assiste non sans méfiance à la cérémonie qui célèbre à la fois le jubilé de son activité communale et son départ à la retraite…

Pendant 50 ans, Angelbert a été le cantonnier de Bocage-les-Bains. Il connaît certes les fossés de la commune et les coins à champignons bien mieux que ses concitoyens, mais il est bien plus que cela…

Toutefois, les édiles qui discourent à son sujet n’en savent rien. Ni le maire (pacha de petite noblesse, maire de père en fils depuis l’Ancien Régime) pas plus que l’instituteur (incapable infatué et ambitieux pitoyable) ou le curé (crétin sclérosé complice des précédents) ne s’imaginent que le modeste cantonnier est un lecteur assidu des meilleurs romans, à la tête d’une bibliothèque qui ferait pâlir un critique parisien.

C’est son jardin secret, une basse-cour bien protégée où Hugo, Dumas, San Antonio le disputent à Pilote ou Spirou, lissant leur plume dès qu’Angelbert leur en donne l’occasion.

À la fin de ce pensum municipal, remise des cadeaux… Et là, surprise ! Emballés dans du papier kraft, quatre livres au garde-à-vous attendent que des doigts de Luppin tournent leurs pages !

Qui donc sait ?

Mais Angelbert n’aura pas le temps de pousser son enquête. Peu de temps après ce mystérieux présent, il repêche Hilaire, un chat écorché dans l’étang de la propriété familiale du maire : le propre fils d’icelui, que les agissements du triumvirat communal ont poussé au suicide. L’homosexualité du jeune homme lui pèse trop, et il ne veut pas, malgré un chantage aussi odieux que paternel, du bâton de maire qu’on lui impose, pas plus qu’il n’entend accepter la main d’une jeune fille « bien sous tous rapports ».
Dès qu’il apprend les raisons de cette tentative désespérée, le sang du frais retraité ne fait qu’un tour : il est temps de donner une leçon à cette engeance ! Il utilisera pour cela la complicité d’Achille, postier farceur au tendon alcoolisé, et de Stephen, pléonasme ambulant puisqu’il est à la fois écossais et original…

Au terme des agissements de cette association de bienfaiteurs, Angelbert sauvera Hilaire, traînera les édiles dans les fossés qu’il connaît si bien, osera l’amour et… saura enfin qui lui a offert ces quatre livres.

Édition originale : L’Arganier – 2005 (tirage épuisé)

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Presse, blogs, retours lecteurs

Oui ! Ce blog est un blog de littérature policière. Non, Jubilé n’est pas un roman policier.
Pas un roman policier ? Non, pas au sens propre du terme. Dans ce cas, pour quelle raison chroniquer ce livre ? Tout simplement parce que j’ai rencontré l’auteur lors d’un salon de littérature générale, que mes goûts sont très éclectiques et que le ton de la 4e de couverture m’a tout de suite plu. Ce qui est très rare puisque j’ai, en règle générale, l’habitude de ne pas m’y fier.
Je vous résume donc quelque peu. Prenez un cantonnier, tout jeune retraité. Il se souvient de ses jeunes années. Lui, sa vie et son amour des livres. Dans un premier temps. Puis sa rencontre avec un jeune vicomte qui a un secret, secret qui s’avère être un peu trop lourd pour ses frêles épaules et qui éprouve bien des difficultés à vivre avec. Et surtout, qui ne peut se résigner à accepter le destin qu’on lui a choisi. Comme si l’on était encore obligé de subir sa vie de nos jours. Diantre, nous sommes au XXIème siècle ! Il va donc décider de l’aider. Et ce, avec la complicité d’un Écossais farfelu et d’un facteur alcoolisé du tendon. Tous les trois vont donc, telle une association de malfaiteurs, échafauder un plan, afin de sortir le jeune vicomte de ce mauvais pas. Association de malfaiteurs. J’ai dit malfaiteurs ? Alors je rectifie. Disons plutôt de bienfaiteurs. Des heureux bienfaiteurs. Tout cela dans un décor que l’on imagine aisément. Un petit village perdu au fond de nulle part et auquel le narrateur est tant attaché. Sa place, son bistrot, le café du Dernier sou chez Marcel, son église, la maison du cantonnier où l’on pourrait presque y retrouver les odeurs d’antan et où le temps paraît s’être figé. Tout cela sur un ton léger, vif et enjoué. De l’humour à chaque ligne (ou presque). Henri Girard a l’art de maîtriser les mots, de les faire tournoyer. Une écriture remarquable.
Une narration à la première personne. Une époque que nous n’avons pas connue mais dont nos parents nous ont si souvent parlé. Une époque bien révolue. Mais dont il fait bon se souvenir. Surtout sous la plume de l’auteur, où il fait bon se perdre. Le temps d’un roman.
Un roman que l’on savoure installé bien confortablement et que l’on prend le temps de déguster.

Les polars de Marine, blog

L’écriture, opulente comme un vert pâturage, restitue bien l’ambiance de ces campagnes et l’esprit de ces campagnards, que le Bourvil des débuts incarnait à merveille.

J’ai lu Jubilé, grandiose comme du San Antonio et précis dans sa mécanique comme du Paul de Kock.

Ce roman m’a rendu à la bonne humeur et à la rigolade (ce n’est pas fréquent de nos jours).

Il m’a passé un après-midi complet. Je n’avais pas envie de le lâcher avant le fin mot. Et puis, il me rappelait un peu mes origines normandes. Ce n’est pas que je m’en glorifie, mais en vieillissant on finit toujours par succomber vaguement à la nostalgie de ces choses-là.

Franz Bartelt, écrivain

Prix Goncourt de la nouvelle 2006 pour Le Bar des habitudes
Grand Prix de l’humour noir en 2000 pour Les Bottes rouges.

Avec ce Jubilé, Henri Girard ravive son talent de narrateur, d’humour et de poésie.

C’est la fête des petites gens simples face au monde de l’argent et des cabales. Avec sa dérision de haute voltige (égale souvent à celle du meilleur Queneau, Fallet, Jardin Pascal voire à celle de l’illustre Ionesco, sincèrement), sa poésie à hauteur humaine et sa facilité à manier l’intrigue (elle retombe toujours sur ses pattes), Henri Girard démonte pièce par pièce les travers et les hontes des hommes vils. C’est un hymne à des dieux qui sont facteur, cantonnier ou fils perdu de bonne famille. Avec cette touche aussi d’érotisme qui lui est propre et cette atmosphère de franche camaraderie, Henri Girard a réussi à écrire un chef-d’œuvre, un nectar d’humour et de tendresse.

Gilles Brulet, poète.

Prix national de poésie jeunesse pour Poèmes à l’air libre

Je viens de terminer Jubilé. Quelques mots avant que la pudeur ne m’étrangle. Après je me connais, je ne le ferais plus, je me dirais que c’est idiot. J’ai eu du plaisir à te lire pour les deux qualités essentielles de ton texte, l’une littéraire, l’autre humaine. Dois-je l’avouer ? La fin m’a arraché quelques larmes. Je m’en voulais. Pourquoi ? Peut-être parce qu’au fond, l’idée surnage que le temps finit toujours par donner raison au temps. Drôle de phrase. Plus que de raison d’ailleurs, il s’agirait de justice. Le goût d’écrire n’y est probablement pas étranger. D’ailleurs ton histoire finit par un livre. C’est encourageant.

Philippe Maurin, Romancier

Les péripéties et rebondissements se succèdent à un rythme effréné, jusqu’à un dénouement inattendu… mais heureux. Je vous invite à découvrir cet intrigant roman émaillé de bonne chère, de tolérance, de truculence, de joies simples. Et vous n’aurez pas de mal à y parvenir tant le style d’Henri Girard est bon enfant sans jamais être vulgaire. Si vous vous prenez la tête, c’est que vous aurez voulu imaginer ce qui va se passer. Car rien ne se passe comme on pourrait l’imaginer. Une prouesse.

Myriam Hadoux, ex-éditorialiste du Dévorant, revue littéraire cheminote

Après avoir lu Jubilé je tiens à vous dire que je suis émerveillée par la richesse de votre vocabulaire ! C’est un véritable feu d’artifice ! L’idée du roman est géniale, en effet. C’est… « inédit », comme Angelbert le dit lui-même. Cela se lit comme un roman policier, sans violence, sans cadavre, quel bonheur ! Le maintien des différents niveaux de langage est très réussi et ce mélange donne une immense saveur à votre œuvre… merci pour ce beau cadeau !

Elfriede Dubort, romancière

Lire les romans d’Henri Girard, c’est aller à la rencontre de personnages attachants, surprenants, atypiques et pourtant étrangement familiers. Des personnages de qui vous entraineront dans une folle farandole, pour peu que vous acceptiez de vous laisser prendre par la main.

Parce-que ce monde sent bon l’amitié et le lapin à la moutarde, les histoires d’amour, les rêves et les chanterelles ; le rire n’est jamais loin. Le rire n’est pas jamais loin, les larmes non .

Alors, si vous aimez Brassens, et René Fallet, le lapin aux carottes et boire un bon coup … N’hésitez pas, savourez, dégustez … vous pouvez consommer sans modération.

Enfin, avec Henri Girard, on a envie de croire en demain. Et c’est ça qui est bon.

Christelle Angano, auteure